Naturiste ou nudiste ? Pour beaucoup, il n’existe aucune différence entre ces deux concepts. Il est vrai que leur fondement demeure le même : la pratique de la nudité, l’expression du corps nu. La confusion est ainsi totale pour les regards non avertis. Pourtant, pour les adeptes, le doute n’est pas envisageable : naturisme et nudisme sont bel et bien deux pratiques distinctes, en dépit de leur fondement commun. Pour vous aider, vous pouvez aussi consulter notre biller “Qu’est-ce que le naturisme ?“.

D’abord, le concept de la nudité représente la libération des vêtements et des complexes, pour un corps mis à nu, sans gêne ni tabou. Dans le fond, la différence entre un naturiste et un nudiste revêt un caractère plutôt philosophique, que nous tenterons d’expliciter par ce billet. C’est parti…

Nudisme vs naturisme

Afin de mieux cerner la différence entre les deux sémantiques, une réflexion sur leur étymologie est essentielle. Ainsi, l’on retrouve l’adjectif « nu » dans le terme nudisme, ce qui renvoie directement à la nudité. Étymologiquement parlant, le nudisme est une pratique portée sur la simple volonté d’être nu. C’est une activité qui relève d’une démarche personnelle, en tant que moyen de retrouver un certain bien-être lié à l’hygiène et au rapport au corps. Pourtant, le nudisme n’a pas que des adeptes. Souvent pratiqué dans un espace public, ses détracteurs le considèrent bien souvent comme une activité à caractère sexuel, assimilée à de l’exhibitionnisme.

De l’autre côté, il y a le naturisme avec « nature » comme racine. Dans la pratique, il représente une forme de nudisme particulière, qui se présente plutôt comme une philosophie de vie commune en harmonie avec la nature, dans le respect de soi et de l’autre. Fondé autour d’une volonté de retour à la nudité originelle, à une existence plus authentique, moins artificielle, le naturisme redonne au corps toute son importance, tout en prônant des valeurs humaines fondamentales telles que le respect mutuel, le partage, la solidarité, l’acception de l’autre malgré…

Ce qu’il faut retenir de deux concepts

Ainsi, par définition, nous constatons que le naturisme correspond à une pratique permettant au corps nu de s’exprimer librement, dans un environnement bien déterminé. Il renvoie donc à un projet de société qui promeut la vie en harmonie avec Dame nature, dans un environnement reconnu par la législation. A l’inverse, le nudisme correspond plus à la pratique de la nudité dans un espace public, juste pour le plaisir d’être nu. Un acte par ailleurs puni par l’article 222-32 du Code pénal, qui stipule que « l’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

Un article qui, dans son application, pourrait également poursuivre le naturiste pour exhibition sexuelle, en dehors des cadres réservés à la pratique du naturisme, même si l’intention de ce dernier n’était pas d’exposer sa nudité au vu de tous. La circulaire d’application précise à cet effet que « l’incrimination a été formulée de manière à écarter toute possibilité de poursuites à l’encontre de personnes se livrant au naturisme dans des lieux spécialement aménagés à cet effet ». Les choses sont on ne peut plus claires.

Pour finir, retenons que malgré certaines réticences, le naturisme attire chaque année de nouveaux adeptes en France, majoritairement jeunes (une moyenne d’âge de 30 ans). Aujourd’hui, selon un sondage réalisé par l’IFOP pour Atout France, un Français sur six serait prêt à expérimenter des vacances naturistes. En outre, le pays reste la meilleure destination naturiste au monde, accueillant chaque année environ 2 millions de touristes étrangers en quête des sensations du vivre nu. Les infrastructures (116 plages dédiées, 115 centres, 20.000 emplacements de camping et une trentaine de gîtes) ne manquent pas pour répondre à la demande croissante des aficionados du vivre-nu.